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Bien choisir ses marchés : entre intuition, analyse et stratégie

2026-02-09


Trouver le bon marché, c’est un peu comme trouver le bon partenaire d’affaires : il faut que la chimie opère, mais aussi que les chiffres suivent.

Pendant longtemps, j’ai eu mes marchés “chouchous”, ces événements où je savais que mes efforts seraient récompensés. Puis, un jour, j’ai voulu sortir de ma zone de confort et découvrir d’autres régions, d’autres publics, d’autres ambiances.


C’est là que j’ai replongé dans cette recherche que beaucoup d’artisans connaissent bien : la quête du marché parfait.

Et cette quête, aussi stimulante soit-elle, n’est pas sans risques.


Voici donc quelques repères concrets pour t’aider à évaluer les marchés, surtout ceux qui en sont à leur première édition, et t’assurer qu’ils conviennent à ton entreprise, à ton produit et à ton public.


1. Comprendre le milieu : à qui parleras-tu?

 

Le contexte socio-économique du lieu influence directement le pouvoir d’achat et le type de produits recherchés.

Un marché dans un quartier ou une région à revenu plus modeste n’aura pas la même clientèle qu’un marché urbain haut de gamme.

Pose-toi la question : est-ce que le profil des visiteurs correspond à ton client idéal?

 

Petit rappel stratégique : Ce n’est pas parce qu’un marché attire “beaucoup de monde” qu’il attirera tes clients. Lorsqu’un marché s’adresse à une clientèle spécifique, valide que cette clientèle est aussi la tienne parce que si ce n’est pas du tout ta clientèle tu risques de vendre moins qu’une artisane qui a le même public cible que celui du marché.

 

 

2. L’expérience des organisateurs : un facteur clé

 

Organiser un marché, c’est un métier et certaines connaissance de bases sont requises.


Une première édition n’est pas forcément à éviter, mais il faut savoir à qui on a affaire.

  • L’organisateur a-t-il déjà travaillé dans le milieu artisanal?

  • A-t-il une expérience d’événements similaires?

  • A-t-il une communauté active sur les réseaux sociaux?

Astuce : L’expérience a une valeur. Un marché bien structuré, bien communiqué, bien publicisé et bien organisé vaut souvent le coût d’inscription plus élevé.

 

3. La présentation et la visibilité de l’événement

 

Aujourd’hui, la communication d’un marché est un indicateur de sa crédibilité.


Un événement qui n’a qu’une affiche papier et quelques annonces locales touchera difficilement une clientèle connectée.

À l’inverse, un marché très visible sur les réseaux, avec un site à jour, des publications cohérentes et un ton professionnel, a déjà un pied dans ton univers de vente.

 

Question à te poser : “Est-ce que les visiteurs potentiels du marché peuvent me découvrir avant même d’y être?” Pour ce faire, il est important que le marché ait une vitrine où il peut te présenter (page, site, événement). Un marché qui fait le gros de sa publicité dans des groupes d’artisans passe à côté de la cible parce qu’il ne s’adresse pas aux visiteurs potentiels, mais à des artisans qui sont fort probablement en marché la fin de semaine de leur événement.

 

4. La légalité du marché : un critère souvent négligé

 

Tu te dois d’être légale si tu as une entreprise, tu dois être enregistré si tu n’utilises pas to nom, tu dois payer des taxes si tu fais plus qu’un certain montant de vente, tu peux aussi avoir besoin d’une assurance.


Tu es donc en droit d’attendre la même rigueur de la part de l’organisateur.

Un marché peut aussi avoir besoin d’un NEQ, un organisateur qui organise plusieurs marchés peut atteindre rapidement le montant ou il doit s’inscrire aux taxes et certaines salles demandent que l’organisateur ait leur assurance et leur assurance peuvent leur demander en retour que les artisans choisis aient leur assurance en retour.

 

Il peut être judicieux de vérifier si l’événement :

  • émet des reçus;

  • a une assurance responsabilité;

  • détient un NEQ (ou est déclaré sous son nom personnel);

  • respecte les règles relatives aux activités annexes (jeux, maquillage, etc.).

 

Ta sécurité professionnelle et celle de ton entreprise en dépendent. Il est faux de penser qu’il n’y a pas de vérifications qui sont faites dans les marchés. Comme il y a beaucoup plus de marchés que par les années passées, je prédit que les vérifications seront plus nombreuses.

 

5. Le positionnement du marché : artisans, MLM ou mélange?


La formulation du titre de l’événement en dit long. Un “marché d’artisans” devrait être réservé… aux artisans. Un “marché printanier” ou “foire locale” ouvre souvent la porte aux représentants MLM ou à la revente.


Ce n’est pas une question de jugement, mais de cohérence.


Certains produits se vendent très bien même en présence de MLM, d’autres en souffrent. Connais ton positionnement et fais tes choix en conséquence.

 

6. La sélection des exposants : un indicateur de qualité

 

Un marché “premier arrivé, premier servi” n’a pas nécessairement une direction claire.

Un marché qui sélectionne ses exposants crée une cohérence et effectue ses choix en fonction d’une clientèle ciblée.

Cela peut paraître frustrant lorsqu’on est refusé, mais c’est souvent un bon signe : le marché protège sa réputation et celle de ses artisans.

 

Astuce : Renseigne-toi sur la composition du marché. Trop de vendeurs à petit volume ou de créateurs de loisir créatif peuvent nuire à ta rentabilité.

Il y a tellement de marchés et d'événement que tout le monde trouve sa place et cette place n'est pas nécessairement la même pour toi.

 

7. Évaluer la rentabilité potentielle

 

Un marché ne se mesure pas seulement au “feeling”, mais aussi en chiffres.


Voici une méthode simple :

Si ton coût de participation est de 200 $ et que ta boutique en ligne prend 15 % de commission, tu devras vendre pour 1 333 $ pour obtenir la même rentabilité (Soit que le frais de 200$ représente le 15% de tes ventes).

Compare ensuite avec le nombre de visiteurs estimé. S’il y en a 200, cela signifie 6,66 $ de ventes nécessaires par visiteur. À 800 visiteurs, 1,66 $ par visiteur. Ce calcul n’est pas parfait, mais il aide à mettre les choses en perspective.

 

Cependant, il ne fait pas foi de tout. Il faut inclure les retombées potentielles ainsi que les autres objectifs personnels que vous pouvez avoir de faire le marché.

 

8. Ce que ton intuition te dit

 

L’intuition est souvent ton meilleur outil.

Si quelque chose sonne faux, si une annonce manque de clarté ou si un organisateur te met mal à l’aise, écoute-toi.

Tu gagneras souvent plus à suivre ton instinct qu’à forcer une décision.

 

9. Demander l’avis de ses pairs

 

Le réseau artisanal est une mine d’or d’informations.

N’hésite pas à discuter avec d’autres artisans — surtout ceux dont la clientèle est semblable à la tienne.

Leurs expériences peuvent t’éviter bien des erreurs de parcours.

 

En résumé :

 

Chaque marché a un potentiel, mais tous ne conviennent pas à chaque artisan.

L’important, c’est d’aligner tes choix avec :

  • Ton produit;

  • Ta clientèle;

  • Ton niveau d’expérience;

  • Tes objectifs financiers.

 

Faire un marché “pour l’essayer” peut parfois valoir la peine, mais le faire “pour la visibilité” seulement, rarement.

 

Le répertoire SÉMEQ regroupe pour toi les marchés, salons et expositions du Québec où les artisans sont les bienvenus. En t’abonnant, tu reçois les appels de candidatures en cours, ce qui te laisse plus de temps pour évaluer quels marchés te conviennent le plus.

 

De plus, dans la boutique du répertoire SÉMEQ,  il y a un outil pour t’aider à faire le suivi de tes événements et il est gratuit pour les membres! (https://www.repertoiresemeq.com/boutique)